Lundi 29 juillet, quelque part sur l’Ăźle de Vancouver. La journĂ©e est pluvieuse et fraĂźche. ĂquipĂ© de nos vĂȘtements de pluie â, on dĂ©cide d’aller explorer le petit port qui se trouve Ă cĂŽtĂ© de nos vans avec mon ami JĂ©rĂŽme.
Petit port de pĂȘche
On dĂ©couvre des bateaux de toutes sortes. On commence Ă s’imaginer des aventures en mer. On croise une maman loutre avec ses petits. Le paysage est bucolique, MAIS magnifique đ
On voit un petit bateau de pĂȘcheur rentrer au port, sans y prĂȘter grande attention. On continue notre exploration. Sur le chemin du retour vers le van, on voit un petit groupe d’hommes prĂšs du bateau qu’on a vu plutĂŽt. On s’approche (curieux que nous sommes) et un spectacle se met alors en place devant nous.
Un pĂȘcheur qui coupe son saumon frais directement sur son bateau. Les hommes, Ă quai, n’attendent qu’une chose : rĂ©cupĂ©rĂ© la cargaison. Son bateau ne paye pas de mine, l’homme non plus. Mais en mois de 30 min, il prĂ©pare une dizaine de saumons. Le plus gros fait au moins 9 kg đ±
Pour les dĂ©fenseurs des animaux, se procĂ©der peut sembler « barbare ». Moi, j’admire la dextĂ©ritĂ© de l’homme, son assurance, sa simplicitĂ© (en buvant une petite biĂšre de temps en temps). Je trouve les gestes beaux et l’homme d’une simplicitĂ©.
JĂ©rĂŽme engage la conversation afin de savoir comment il a appris. Pourquoi avoir choisi d’ĂȘtre pĂȘcheur ? C’est un ancien charpentier reconverti y a 18 ans. Il pĂȘche de juin Ă septembre. Le reste de l’annĂ©e : il vit !
Générosité
On lui demande, s’il vend des parts de saumon. Il nous rĂ©pond que non. C’est le saumon entier sinon rien ! Une fois le travail terminĂ©, il donne la caisse remplie de saumons, au groupe d’hommes sur le quai. Ils repartent le sourire aux lĂšvres avec leur butin. Reste un homme, qui est le frĂšre du pĂȘcheur. Nous voilĂ tous les 4 Ă discuter de la vie (mon anglais Ă©tant encore approximatif, j’Ă©coute plus que je ne parle).
D’un coin de l’Ćil, je vois que notre pĂȘcheur sort un dernier saumon de son coffre. Il recommence la danse de la prĂ©paration. SAUF QUE cette fois-ci, je vois qu’il coupe le saumon en deux. Il prend un sac, glisse la partie coupĂ©e dedans, me regarde et me tend le sac avec un grand sourire. Il voit ma surprise et mon Ă©motion dans mon regard. Je lui demande « combien, on lui doit ? » RĂ©ponse : « C’est un cadeau ! ». J’ai des larmes aux coins des yeux. Car cet homme me touche par sa simplicitĂ©, sa gentillesse et sa gĂ©nĂ©rositĂ© envers des inconnus.
On repart avec deux repas pour 4 personnes !
C’est moi qui ai pris cette photo de mon ami JĂ©rĂŽme Ă droite et de cet homme Ă gauche. Avec mes petites larmes au coin dâyeux d’Ă©motion.
Ă l’heure oĂč le monde peut sembler dĂ©nuĂ© d’humanitĂ©, ce voyage Ă travers le Canada me montre Ă quel point il existe encore beaucoup de gens avec la main sur le cĆur.
L’abondance et la gratitude
Sans le savoir, 2 jours plus tard deux autres pĂȘcheurs vont aussi nous donner du saumon. On en aura mangĂ© durant 6 jours Ă 4 đ . Sans compter les Ćufs, les courgettes ou l’ail qu’on nous a donnĂ© au fil des rencontres. Les personnes qui s’arrĂȘtent pour savoir qu’est-ce qu’on fait dans nos vans. Quels sont nos projets ?
L’abondance est partout : Ă nous d’ouvrir les yeux et de la voir. Elle n’est pas que dans le matĂ©riel. Elle peut ĂȘtre juste dans la connexion avec l’autre afin de partager un moment de vie qui va remplir nos cĆurs.
Je remercie la vie et je suis en gratitude de tous ces beaux moments partagĂ©s avec des belles personnes : JĂ©rĂŽme QuillĂ©, Lucie Delemer đșđđ


